Machine Divinatoire

-« Ouf! Ça suffira pour aujourd’hui! »

Anaelle se donna un élan pour propulser le lit de mécano où elle se trouvait de sous l’énorme engin qu’elle essayait de réparer depuis des jours. La tâche lui donnait du fil à retordre, et elle avait bien hâte d’en venir à bout. D’autant plus qu’avec la chaleur humide de l’été en cours, le simple fait de bouger aurait semblé un défi pour n’importe qui. Alors, on imagine bien que s’acharner à réparer un gigantesque bidule comme celui-là…eh bien, ça n’intéressait pas grand monde, en ce moment. Heureusement pour son client cependant, Anaelle aimait bien les défis. Il semblait bien qu’elle en ait enfin trouvé un à sa mesure: coriace et complexe.

Repassant mentalement les avancements de la journée et les étapes à venir, la jeune femme s’essuya machinalement le visage sur la manche de son couvre-tout, remplaçant par le fait même la sueur de la journée par un heureux mélange de poussière, de rouille, de suie et de graisse. L’ensemble n’était pas particulièrement joli, et définitivement pas approprié pour une jeune femme de bonne famille. Comme de bien entendu, elle ne se rendrait compte de rien pendant la majeure partie de la journée, et ne réaliserait combien elle avait eu l’air ridicule qu’après plusieurs heures à affronter les regards curieux des gens autours d’elle. L’incident avait beau se reproduire à intervalles relativement réguliers, elle ne semblait jamais apprendre la leçon. À se rythme-là, sa famille ferait mieux de ne pas compter sur elle pour perpétuer les mœurs… »prolifiques » des femmes D’Angelou. 

La jeune femme venait en effet d’une famille où les naissances avaient lieu à une vitesse exponentielle, si bien qu’en quelques générations à peine, le « Clan D’Angelou » était passé d’une ferme isolée à la campagne à un petit village presqu’auto-suffisant. Pas étonnant alors qu’elle considère son atelier où résonnait en permanence des bruits de métal comme étant calme: pas de pleurs de nourrissons, ou de cris d’enfants excités. La paix, quoi. Par ailleurs, les pistons, ressorts et engrenages en tous genres ne passaient pas non plus leur temps à lui rabattre les oreilles avec d’étranges prophéties, ou la signification mystique de symboles oubliés, revenus du fond des âges. Le phénomène était particulièrement courant à Angelou, le principal gagne-pain de la famille étant l’échoppe de voyante ouverte il y a longtemps dans la capitale par son arrière-grand-mère…ou la soeur de celle-ci. Samara, Marielle et Caramille se ressemblaient tant dans leur mode de vie que même leur descendance avait parfois du mal à s’y retrouver. Toutes trois se faisaient appeler « grand-mère » par toute la marmaille, peu importe la branche de la famille à laquelle la personne appartenait. Cela avait au moins l’avantage de maintenir la cohésion au sein du village familial.

Cela dit, elle ne se plaignait pas trop. Comme toutes les femmes de la famille, elle avait été initiée très tôt aux arts de la divination, sous toutes leurs formes connues…ou à tout le moins, toutes celles connues par les matriarches du clan. Elle s’y était même montrée plutôt douée, ce qui était probablement en grande partie dû à ses efforts pour se démarquer des autres jeunes de son âge: elle savait très bien que la tradition familiale voulait que l’élève la plus douée soit envoyée comme apprentie à la capitale pour aider la tenancière actuelle de l’échoppe. La perspective de s’échapper de son petit village s’était révélée une très bonne motivation. 

En effet, la capitale avait toujours su fasciner la jeune femme, et ce depuis son plus jeune âge. Elle, qui avait toujours aimé travailler de ses mains, n’avait absolument pas été déçue lors de son arrivée. Se retrouver enfin au milieux de tous ces engins, aussi abondants que diversifiés, n’avait fait que confirmer à nouveau ce qu’elle savait déjà: ce serait toujours dans un atelier, au milieu des boulons, clés Allen et engrenages de toutes sortes qu’elle se sentirait vraiment à sa place. Cela dit, elle se devait de garder en tête que ce qui lui permettait de rester en ville et d’y avoir un atelier de mécanique, c’était son rôle d’assistante auprès de sa tante, tenancière actuelle de l’échoppe familiale. 

Tante Rani, mieux connue comme Deranila D’Angelou, était tout un personnage. Authentique voyante, linguiste émérite et cryptologue de renom malgré une formation des plus autodidactes, elle attirait l’attention et les clients avec beaucoup de facilité, ne serait-ce qu’en piquant leur curiosité de rencontrer quelqu’un d’aussi « hors normes ». Même au sein de leur propre famille, les chuchotements incompréhensibles se multipliaient sur son passage, et les femmes du « clan » semblaient guetter avidement ses faits et gestes. Anaelle se demandait bien pourquoi, mais tant que tout cela ne l’impliquait pas directement, elle se gardait bien d’aller y mettre son nez. Première règle de la paix d’esprit: s’occuper de ses propres oignons. 

D’ailleurs, elle allait devoir presser le pas légèrement si elle voulait être à l’heure pour prendre la relève de sa tante. Celle-ci avait une réunion importante ce soir, comme toutes les semaines, d’ailleurs, et avait besoin de son assistante pour tenir l’échoppe en son absence, et prendre les rendez-vous, au besoin. Ces soirées étaient généralement assez tranquilles, puisqu’on tentait d’éviter d’y donner des rendez-vous que sa tante n’aurait pu tenir. Elle n’aurait donc probablement qu’à faire un peu de ménage, et à répondre aux éventuels curieux, qui repartiraient probablement satisfaits après avoir pris un rendez-vous pour un des prochains jours. Un jeu d’enfant. Enfin, en autant qu’elle soit présentable. Raison de plus pour se presser.

Arrivant au bâtiment contenant le commerce, la jeune femme n’eut toutefois même pas le temps de pousser la porte suffisamment pour faire tinter la clochette avant d’être assaillie par sa tante, visiblement en mode « gestion de crise ». Celle-ci jaugea sa nièce d’un rapide coup d’œil avant de soupirer un bon coup, et de la mettre au courant de la situation.

« -Ana, ma chère, il va te falloir faire vite. Tu dois être présentable le plus rapidement possible. Ishara a fait une erreur avec les rendez-vous, et elle en a donné un à Mme Sarriault pour ce soir. Ne fais pas cette tête-là! Tu sais très bien qu’elle n’est arrivée ici comme apprentie il n’y a que quelques mois! Elle n’a pas encore l’habitude de mes…réunions hebdomadaires. »

Anaelle sourcilla devant l’hésitation inhabituelle de sa tante, mais cette dernière ne releva pas. Entraînant plutôt rapidement sa nièce vers l’intérieur, elle poursuivit sa tirade explicative avec l’assurance énergique si caractéristique des commerçants d’expérience. Elle n’avait habituellement pas besoin de se montrer si ferme, mais lorsqu’il le fallait, on voyait bien qu’elle avait l’habitude de décider et d’être écoutée. 

« -J’ai déjà tenté de voir avec Mme Sarriault si elle préférerait reporter le rendez-vous, mais elle tient à ce que ce soit ce soir. Elle est donc déjà au courant que ce sera toi qui te chargeras de son tirage. C’est une cliente régulière, tu l’as sûrement déjà croisée. Une dame assez âgée, mais très perspicace, avec un esprit aiguisé, et pas du tout du genre à croire n’importe quoi. En fait, je crois qu’elle aurait fait une cartomancienne très respectable, si elle avait eu la chance d’apprendre. Ce sera probablement un défi pour toi, mais tant que tu ne chercheras pas à l’impressionner, et que tu lui diras franchement ce que tu vois, tout devrait bien aller. Elle sera là d’ici une heure. Fait bon usage du temps que tu as: monte te laver, et médite un moment. Tu y arriveras, j’en suis certaine. Allez, je me sauve! À plus tard! »

Voilà. La tempête était passée. Elle était même partie par la porte d’entrée, en la refermant poliment sur son passage. On n’entendait plus dans la vieille échoppe que le tic-tac régulier de l’antique horloge à pendule accrochée au mur. Anaelle cligna plusieurs fois des yeux, incrédule, en fixant le cadran sans vraiment le voir. L’heure sonna. Le bruit grave du bourdon ramena la jeune femme au présent. Elle avait un peu moins d’une heure pour avoir l’air à l’aise parmi les cartes, runes, pierres et autres colifichets présents en abondance au premier étage. Montant les escaliers quatre à quatre, elle se faisait déjà mentalement une liste de ce qu’elle devrait faire d’ici l’arrivée de Mme Sarriault. Cela la sortait de sa zone de confort, mais après tout, c’était ce qu’elle avait été entraînée pour faire. Comme avait dit sa tante: elle y arriverait.

Anaelle utilisa judicieusement son temps, aussi était-elle fraîchement débarbouillée, et sur le point d’allumer un bâton d’encens lorsque la cliente arriva. C’était en effet une dame d’un certain âge, vêtue sobrement mais avec goût. Ses longs cheveux blancs argentés étaient retenus dans un chignon impeccable, et si sa posture légèrement voûtée sur sa cane aurait été suffisante pour inspirer la pitié chez une autre, elle ne faisait ici que compenser pour la vivacité d’esprit que son regard pétillant d’une malice pleine d’humour faisait rayonner autour d’elle. Un léger sourire connaisseur flottait sur les lèvres de l’aînée, ce qui finissait de démentir la première impression austère qu’aurait pu donner la dame à un passant moins habitué à remarquer ce genre de détails. 

« -Bonjour Mme Sarriault! Entrez et mettez-vous à l’aise, vous connaissez l’endroit. J’allume cet encens et je vous rejoint. »

Après un coup d’oeil en direction d’Anaelle, la vieille suivit ses instructions, passant derrière le rideau divisant la pièce, qui servait à maintenir cette atmosphère intime et mystérieuse lors des séances. Ce n’était pas vraiment nécessaire, mais comme cela semblait répondre davantage aux attentes des clients, les d’Angelou jouaient le jeu, et décoraient l’échoppe familiale de manière à lui donner l’allure d’un cabinet de curiosités mystique. Anaelle se rappelait cependant très bien ce qu’avait dit sa tante à propos de la cliente: elle garderait la poudre aux yeux au minimum. 

Après avoir pris une dernière profonde inspiration dans le but de calmer ses nerfs, la jeune femme rejoignit son aînée dans la pièce délimitée par le rideau. Elle contourna la petite table ronde couverte de foulards hétéroclites faisant office de nappe, avant de s’asseoir face à la doyenne. D’une table basse au tiroir de bois grinçant à sa droite, elle sorti un épais jeu de cartes, aux dimensions inhabituelles. Le tarot était la plupart du temps le moyen le plus simple de parvenir à satisfaire les clients. Les illustrations ésotériques de chacune des longues cartes éveillaient à coup sûr l’imaginaire, tout en fournissant des réponses qui pouvaient être étonnamment précises et détaillées, au besoin. C’était donc par là que la jeune femme commencerait.

S’excusant brièvement à sa cliente pour son expérience plus limitée que sa tante, elle lui tendit les cartes, et lui demanda de les brasser en gardant en tête le questionnement qui motivait sa visite. Une fois qu’elle jugerais les cartes suffisamment brassées, Mme Sarriault devrait lui remettre seize cartes de son choix, une à une, qu’Anaelle disposeraient en carré devant elle, face cachée. Lorsque toutes les cartes choisies auraient été mises à leur place, la jeune femme les retourneraient une après l’autre, et tenterait d’en déduire le sens, en se basant sur sa signification propre, et en faisant des liens avec les autres cartes et leurs positionnements. 

La théorie était simple, mais mettre le tout en pratique s’avérait plus ardu. Anaelle n’avait peut-être pas le talent exceptionnel de sa tante, mais elle se débrouillait habituellement assez bien. Cette fois-ci, cependant, la lecture ne faisait ni queue ni tête. Peu importait sous quel angle elle inspectait le tirage, rien de semblait avoir de sens. Pire, aucune impression générale d’homogénéité ne semblait s’en dégager. Impossible de déduire quelque semblant de réponse que ce fut d’un tel charabia. La jeune femme se fit la réflexion que son sentiment d’impuissance devait s’apparenter à celui de quelqu’un qui tente de lire un ouvrage de référence qu’il se serait par inadvertance procuré dans un langage qu’il ne saurait pas parler. Ce n’était donc peut-être pas si étonnant que sa tante ait fini par s’intéresser à la cryptologie, après tout…

Après de longues minutes, et en désespoir de cause, la jeune cartomancienne décida de tenter une approche originale pour se sortir de l’impasse. Décrochant de sa ceinture la pochette de cuir contenant ses runes, elle s’apprêta à en déverser le contenu sur les cartes étalées devant elle, se disant que les symboles gravés sur les rondelles de bois poli lui fourniraient peut-être une idée du motif à suivre pour sa lecture, ou alors lui offriraient-elles peut-être une ébauche de réponse, qu’elle pourrait détailler à l’aide des cartes.  C’était un peu tiré par les cheveux, mais au point où elle en était, cela valait le coup d’essayer. Elle renversa donc d’un geste le contenu du sachet sur la table devant elle…et resta figée de surprise.

En effet, elle fut d’abords mal à l’aise de constater qu’elle avait commis une grossière erreur au moment de récupérer ses runes, et avait plutôt attrapé la bourse dans laquelle elle gardait les petites pièces de mécanisme des engins qu’elle réparait afin de ne pas les perdre. C’était donc celles-ci qui se retrouvaient éparpillées sur la table en ce moment. Mais ce qui était encore plus étonnant, c’était de constater que la manœuvre n’en avait pas été moins efficace! Aux yeux de la mécanicienne, la manière dont s’étaient répandus les engrenages, leviers et vis contenus plus tôt dans le sac semblait dessiner le plan de base d’un mécanisme complet, contenu dans un ensemble cohérent. Mieux encore: cela donnait finalement à la jeune femme un plan de lecture pour ses cartes, et ce dernier lui fournissait enfin une réponse intelligible. Contenant plutôt mal sa stupéfaction, elle fit le compte rendu de sa lecture et de ses interprétations à sa cliente, qui sembla malgré tout bien satisfaite. Si cette dernière avait perçu le trouble de la jeune femme, elle n’en glissa pas un mot, manifesta son appréciation par un commentaire encourageant souligné d’un clin d’oeil, et quitta l’échoppe avec un sourire. Anaelle le lui rendit, avant de refermer la porte pour se préparer à fermer boutique pour la nuit. 

Il était encore assez tôt, pourtant. L’échoppe aurait normalement dû rester ouverte pour encore une bonne heure, voire peut-être deux. Mais la jeune femme ressentait un vif besoin d’explorer davantage le monde de possibilités que cet accident venait de lui laisser entrevoir. Revenant vers la petite table ronde derrière le rideau, elle emporta avec elle de quoi prendre des notes, et s’installa de manière à tenter de nouveau l’expérience. C’est d’ailleurs ainsi que sa tante la retrouverait, plusieurs heures plus tard, au milieu de feuilles noircies de notes et de chandelles mourantes, noyées par leur propre cire liquéfiée. La jeune assistante serait alors catégorique: non seulement ses pièces mécaniques pouvaient servir à faciliter la lecture d’un tirage complexe, mais elles pourraient aussi constituer en elles-mêmes une méthode de divination efficace. Il ne resterait plus qu’à trouver comment en arriver là.

Au cours des semaines suivantes, Anaelle y consacrerait pratiquement tout son temps libre, en dehors de ses contrats à l’atelier et de l’aide qu’elle fournissait toujours à sa tante. Il s’agirait d’un travail acharné, composé d’essais, d’erreurs et de déductions. Cependant, petit à petit, la tâche colossale avançait. Advint même finalement le moment tant attendu où la jeune femme fut suffisamment confiante en ses résultats pour faire fabriquer sur mesure un premier prototype pour ce nouveau système permettant de lire l’avenir. Le tout était composé d’une plaque magnétique ronde d’un peu moins de trente centimètres de diamètre, et d’une douzaine de roues d’engrenage, divisées en quatre séries de trois roues de grosseurs différentes. Chaque série représentait un élément, et était moulée dans un métal spécifiquement associé à celui-ci. Le magnétisme inhérent à chacun de ces métaux créait une sorte de sculpture, mobile ou non, au dessus de la plaque où les pièces étaient lancées. Celles-ci pouvaient soit coller à la plaque, ou alors léviter au dessus à différentes hauteurs, ou même tourner sur elles-mêmes dans une danse semblable aux mécanismes complexes de certaines machines. C’était cette dernière particularité qui permettait à Anaelle d’utiliser si facilement ce système, mais le travail des dernières semaines avait permis de développer une charte de correspondances détaillée, de sorte que n’importe qui ayant une aptitude minimale pour les arts divinatoires pourrait maintenant utiliser cette nouvelle méthode. 

Bien que le système soit tout à fait fonctionnel tel quel, la jeune femme s’enthousiasmait déjà à l’idée d’y ajouter toute une série d’éléments connexes, tels que moyeux, levier, vis et boulons, pour compléter l’ensemble et donner des lectures plus précises. Ceux-ci pourraient de toutes façon être traités de manière facultative, comme les arcanes mineurs du tarot. Que de projets en perspective! Savourant sa fierté d’avoir ainsi inventé la mécanomancie, Anaelle regardait affectueusement les rouages tournoyants de son prototype en se disant qu’elle était finalement peut-être bien une d’Angelou digne de ce nom, elle aussi…

Un commentaire sur “Machine Divinatoire

  1. Voilà un texte que j’ai écrit il y a un bon moment déjà, que je gardais pour participer à des projets de groupe dans la communauté Steampunk dont je fais partie. Puisque l’action se déroule dans Séphas, univers fantastique créé par un ami, j’ai finalement choisi de le publier suite au lancement de son premier livre,  »Le Testament de l’Empereur », disponible sur Amazon, et publié par les éditions du Cheval de Feu. Plus de détails sur celui-ci au http://www.gdumas.com/sephas
    Sinon, certains auront peut-être deviné que la fameuse  »Tante Rani » est en fait l’héroïne du texte  »Première fois », publié ici l’an dernier. Quelques années se seront écoulées entre les deux textes, évidemment… 😉

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